Journal · Léa Bonnet

Allégations environnementales : ce que la directive Green Claims change pour une campagne régionale

Une affiche « emballage responsable » en Deux-Sèvres n'est pas un détail local. Le cadre européen resserre les preuves, y compris pour les marques qui ne se voient pas comme des annonceurs nationaux.

Mains tenant une jeune plante au-dessus d'un terreau

Les équipes communication de taille moyenne croient encore que le débat sur les allégations concerne surtout les lessives et les compagnies aériennes. Or une campagne d'affichage pour une gamme alimentaire, un assureur ou une collectivité utilise les mêmes adjectifs : responsable, durable, vert, local. La directive sur les allégations écologiques, telle qu'elle avance, exige que ces mots reposent sur des méthodes comparables, pas sur l'intuition du studio.

Pour une marque en Poitou-Charentes, le piège n'est pas l'anglais du texte européen. C'est le décalage entre le packing et le site. L'emballage dit « carton issu de forêts gérées ». Le site dit « zéro déforestation » sans filière. Les deux phrases ne racontent pas la même chose. Un contrôleur, ou simplement un acheteur public, s'arrête là.

Nous conseillons de tenir un cahier d'allégations : chaque adjectif environnemental, la preuve, la date de péremption de la preuve, la personne métier qui peut répondre. Ce cahier n'est pas un logiciel. C'est un tableau partagé, relisible en comité. Quand la preuve expire, l'affiche change ou disparaît.

Le « local » mérite le même traitement. Un fromage affiné à Niort et un lait collecté à trois départements de là ne portent pas le même mot. Les consommatrices le savent. Les élus aussi. Préciser le rayon n'enlève rien à la fierté du produit ; cela évite une contestation sur le marché du samedi.

Les campagnes solidaires mêlent souvent un don et un argument vert. Séparez les deux. Un mécénat pour une association d'insertion n'autorise pas à parler d'empreinte. L'inverse est vrai. Le public mélange déjà assez les registres ; la marque n'a pas à l'aider.

Enfin, prévoyez le temps de retrait. Si une allégation doit sortir des linéaires, l'affichage urbain et les signatures mail suivent rarement. Dans nos relectures, c'est là que les organisations trébuchent : le texte juridique a bougé, le visuel de mai est encore collé dans l'ascenseur.

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